Mobiliser l’occupant dans CUBE 2020 : le sentiment de contrôle

Par sghalemtani | Publication : le 15/02/2017 à 14:22

Mobiliser l’occupant dans CUBE 2020 : le sentiment de contrôle

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Le retour d’expérience sociologique SOCIOCUBE, mené sur la première édition du concours CUBE 2020, révèle des facteurs psychosociaux incontournables pour obtenir des changements de comportements de la part de salariés sur leur lieu de travail. Les sociologues se sont notamment penchés sur le « contrôle comportemental perçu », c’est-à-dire le degré de difficulté perçu au moment d’adopter un nouveau comportement.

En effet, le sentiment de contrôle détermine en partie l'intention d'adopter ou non un comportement écologique. Il faut que les salariés se sentent capables de suivre les recommandations pour économiser l’énergie ; qu'ils aient les moyens de le faire et qu'ils n'aient pas de doute sur leur efficacité. Confiance, autonomie, exercice de leur libre arbitre et instructions claires sont les mots clés. A l’inverse, des comportements « inadaptés » s’expliquent notamment par le fait d’ignorer comment fonctionne un équipement, de manquer de marges de manœuvre pour régler la température de son bureau, de douter de l’impact de ses gestes sur les consommations énergétiques, de juger les recommandations trop complexes ou encore d’ignorer quel geste est le moins énergivore. Globalement, les occupants qui se sont investis dans le concours CUBE 2020 sont des personnes ayant, entre autres, un sentiment de contrôle personnel élevé.

La corrélation positive entre les comportements pro-environnementaux au travail et le sentiment de contrôle prouve ainsi le rôle clé du sentiment de maîtrise personnelle dans la sensibilisation et la mobilisation des occupants d’un bâtiment à réaliser des gestes d’économies d’énergie.

En bref, pour augmenter le sentiment de contrôle personnel des occupants, il est primordial de leur donner la possibilité de faire des choix et de prendre des décisions. Par exemple, les candidats interrogés ont témoigné qu’avoir la possibilité d’ajuster le système de chauffage à leurs besoins particuliers, grâce à des thermostats ou des commandes individuelles, augmentait leur implication individuelle en même temps que leur sentiment de contrôle.


« L’occupant va tout casser », ce cliché !  
A l’origine, les professionnels se montrent réticents à donner plus de marge de manœuvre aux occupants, tant au niveau de l’exploitation que de l’utilisation : les occupants ne parviendraient pas à se mettre d’accord et feraient un usage erratique et donc énergivore de régulateurs. « Chacun allait régler la climatisation toutes les heures : personne n’est content », confiait un candidat.  A l’occasion de CUBE, plusieurs correspondants ont pourtant choisi d’individualiser le réglage de la température en modifiant l’installation. De l’avis général, la décentralisation produit des effets bénéfiques au moins diminuant les plaintes des occupants. Et en effet, la réalité semble loin des stéréotypes des professionnels : en pratique, la décentralisation accroît l’autonomie des occupants sur la régulation et devient une occasion de communiquer avec les occupants sur le fonctionnement du matériel, par exemple en donnant les principales consignes d’utilisation d’un thermostatique. « Quand je suis allé pour l’installation, au départ ils m’ont dit : « on ne sait pas ce que ça veut dire 1, 2, 3, 4, 5 ? ». Je leur ai expliqué que 3 c’est confort, et que 2 c’était 19°C / 20°C » témoigne un des exploitants interrogés.

 

Delphine Labbouz-Henry

Chercheur associée au LAPPS, Université Paris-Ouest Nanterre-La Défense

 

 

Pour en savoir plus :

La synthèse de l’enquête sociologique Sociocube 

Atelier Performance Energétique en milieu professionnel, « Le rôle clé des occupants d’un bâtiment de travail économe en énergie », Journées internationales de sociologie de l'énergie 2015 (piste audio) 

Le site officiel du concours CUBE 2020